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Pierre et la passion du Christ revue Paris Notre-Dame, rubrique "au fil des évènements" La maladie dont souffre le Pape entraîne une paralysie progressive qui
laisse intact son esprit. Son corps qui fut celui d'un athlète est devenu comme une prison. Dans
cette épreuve "crucifiante", pourquoi et comment peut-il vivre son
ministère de pape ? Si l'on considère que cette fonction est comparable à celle d'un grand
responsable de ce monde et exige une capacité "managériale" hors du
commun, il est clair que la défaillance des forces humaines empêche d'accomplir
une telle charge ! Est-ce ainsi qu'il faut définir la tâche du successeur de
Pierre ? Lorsque Jésus ressuscité a dit à Simon-Pierre : « Sois le pasteur
de mes brebis » (Jn 21, 16sq), lui a-t-il demandé d'être un bon manager ?
Jean Paul II serait alors inapte au service et il a suffisamment médité sur sa
responsabilité pour agir en conséquence, à savoir passer la main ! Mais la fonction de Pierre ne consiste pas à gouverner à la manière des
hommes. Voici la règle que Jésus rappelle à ses apôtres à la veille de sa
Passion : « Celui qui parmi vous veut être le plus grand et le premier, qu'il
se fasse le dernier et le serviteur de tous. Le Fils de l'Homme n'est pas venu
pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude
» (Mc 10, 43-45). Car« le vrai pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10,
11). Après avoir demandé à Pierre, à trois reprises : « M'aimes-tu ? », Jésus
lui dit : « Pais mes brebis » et il ajoute : « Lorsque tu seras devenu vieux,
tu étendras les mains... et c'est un autre qui te conduira là où tu ne
voudrais pas aller », indiquant ainsi par quelle mort Pierre devrait glorifier
le Seigneur : la part qu'il prendra à la Passion du Christ en son martyre. Jésus est mort comme l'Agneau immolé qui porte les péchés du monde. Le
martyr n'est pas celui qui, quelle que soit la cause qu'il défend, préfère
mourir plutôt que trahir ; c'est celui qui dans l'épreuve de sa souffrance et
de sa mort est uni à Jésus offrant sa vie pour que les hommes aient la Vie. Certains pensent inutile qu'un homme offre sa souffrance comme Jean Paul II
le fait, inutile aussi que Pierre s'unisse à la Passion de Jésus, et, pourquoi
pas ? que Jésus souffre sa Passion. Si vous n'avez pas la foi, vous réagissez
comme les passants au Calvaire : ils ne voient que des condamnés et, au mieux,
la mort scandaleuse d'un innocent. Cependant, le centurion païen a !e cœur
bouleversé : « Cet homme était le Fils de Dieu ! » et le larron supplie : «Jésus,
souviens-toi de moi quand tu seras dans ton Royaume ! ». Dieu a choisi Jean Paul II comme successeur de Pierre. Il l'a choisi pour
que, dans cette condition souffrante et humiliée, cet homme extraordinairement
doué rende l'espérance aux hommes souffrants et humiliés, qu'il leur donne le
signe de la miséricorde et de l'amour gratuit de Dieu, Une foule de gens le
comprennent intuitivement. A nouveau, "les sages et les savants"
d'aujourd'hui disent : Que fait-il là ? A quoi cela rime-t-il ? L'amour ne rime
à rien ; il pardonne tout, il sauve tout, il excuse tout, il donne sans autre
raison que l'amour (cf, 1 Co 13, 4sq}.
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