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Dans ce qui précède, le lecteur a pris contact avec la vie du monastère, ses idéaux, l'ambiance où vivent les moines, leurs occupations de la vie quotidienne et des fêtes. Ce qu'il a lu, ce sont des mots humains, les plus importants que l'homme puisse élever vers Dieu. "Saint
est le Dieu qui m'a montré dès ma jeunesse la vie et la lumière, (Papyrus égyptien du IIIème siècle) Peut-être un mot résonne-t-il dans l'âme du lecteur : "Dès que se lève la lumière du matin, nous te glorifions, Seigneur ; tu as racheté la création tout entière...-Accorde-nous dans ta bonté une journée pleine de paix intérieure et de sainteté. Pardonne-nous nos offenses, ne détruis pas notre espérance et ne nous ferme pas ton cœur, comme nous l'avons mérité. -O Dieu, ne nous abandonne pas, car toi seul connais notre faiblesse" (fragment liturgique chaldéen). Seigneur, ne m'abandonne pas ! Je me confie à toi ! Que la très juste, très élevée, très sainte volonté de Dieu soit accomplie en toute chose ! Qu'elle soit louée et glorifiée à jamais. En m'abandonnant à vous, volonté infiniment bonne, infiniment aimable, infiniment sainte, je souscris à mon véritable bonheur ; je prends possession de mon seul vrai bien ; je fais ce qu'il y a pour l'homme de plus noble dans la félicité dont il puisse jouir dans le ciel et sur cette terre elle-même ; puisqu'il n'est rien pour l'homme de si heureux et de si noble que d'arriver à l'union divine par Jésus-Christ Notre Seigneur. Jésus, parlez à notre cœur. Vous savez ce qu'il y a dans l'homme, et vous n'avez pas besoin qu'on vous le dise ; notre cœur est loin de vous, il en sort des pensées mauvaises...Notre cœur est dur, notre cœur est aveugle, notre cœur est lourd, il est sot ; il est lent, il se trouble et il s'attriste... Toi donc, instruis-nous ! Que nous puissions parvenir à aimer enfin de tout notre cœur le Seigneur notre Dieu. Le lecteur découvre peut-être alors qu'un sentier s'ouvre devant lui, et il dit : O Feu toujours ardent, brillez sur moi, et je commencerai par votre lumière et en elle, à voir la Lumière, et à vous reconnaître vraiment comme la source de la lumière. Demeurez avec moi, et je commencerai à briller comme vous brillez ; à briller pour être une lumière qui éclaire. Peut-être que son cœur palpite, en sentant qu'il est aimé : "Aussi hauts que sont les cieux au-dessus de la terre, aussi puissant est son amour pour qui le craint ;...Comme est la tendresse d'un père pour ses fils, tendre est le Seigneur pour qui le craint ; ...L'amour du Seigneur pour qui le craint est de toujours à toujours..." (Psaume 102). – Et il sentira aussi que le Seigneur qui l'aime, en retour demande son amour...Et il lui répondra : O Seigneur, amour infini, je me livre à vous avec toute ma liberté, mon esprit, mon cœur et ma volonté. Prenez-moi pour votre disciple, guidez-moi, éclairez-moi, sanctifiez-moi...je veux vous suivre ! Ainsi de mieux en mieux il comprendra Dieu, la religion, voire même l'amour. Il pénètrera le sens de l'amour. Il comprendra que l'amour ne donne que de lui-même. L'amour se donne complètement. Aussi lorsqu'il aime, il ne doit pas dire "Dieu est dans mon cœur", mais plutôt "je suis dans le cœur de Dieu". L'amour n'a point d'autre désir que de s'accomplir. S'il aime, il se réveille à l'aurore avec des ailes et rend grâce pour une nouvelle journée d'amour ; il se repose à l'heure de midi et médite sur l'extase de l'amour ; rentre au crépuscule en sa demeure avec gratitude, et dort avec une prière pour le bien-aimé dans son cœur, et sur les lèvres un chant de louange. Le lecteur comprend aussi que la religion, c'est tout acte, toute réflexion, mais aussi un étonnement, une surprise toujours renouvelée, même lorsque les mains taillent la pierre ou tendent le métier. Qui peut séparer sa foi de ses actions, ou sa croyance de ses occupations ? Qui peut faire le programme de ses heures en disant : "Ceci pour Dieu et ceci pour moi-même ; ceci pour mon âme et ceci pour mon corps" ? Toutes ses heures sont des ailes qui volent à travers l'espace entre Dieu et lui. Et s'il veut connaître Dieu, qu'il n'ait pas la préoccupation de résoudre des énigmes, mais qu'il regarde plutôt autour de lui pour découvrir Dieu en tout et partout sur la terre. Le Ciel est à Lui. Il se manifeste au milieu des nuages, dans l'éclair ou dans la pluie. Il sourit par les fleurs, et agite dans la brise les feuilles des arbres. Et s'il perçoit tout cela, il comprendra aussi ce qu'il doit chercher. Il découvrira le lieu où des hommes, de simples hommes, font leur un idéal sublime. Qu'il écoute dans le silence et en priant le murmure de son âme vers Dieu :
"O Jésus, je vous offre ma vie, par les mains très pures de votre
Mère, (Léonce de Grandmaison)
L'âme veut dire aussi une prière pour la clarté des yeux : "Je te prie, Seigneur, dans la nuit, afin que, demain, lorsque j'ouvrirai les yeux au clair matin, ils soient prêts à servir et mon âme et son Dieu. –Fais que mes yeux soient clairs, Seigneur, et que mon regard tout droit donne faim de pureté ; fais qu'il ne soit jamais un regard déçu, désabusé, désespéré. Mais qu'il sache admirer, s'extasier, contempler." (Michel Quoist) Je me donne à Vous, donnez-moi votre amour ! Donnez-moi de Vous trouver !
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