XIII SYNODE DE L'ORDRE CISTERCIEN
Rome, septembre 2002
“REPARTIR
DE L'ÉVANGILE POUR DONNER LA PRIORITÉ
À LA
PASTORALE DES VOCATIONS”
Intervention
de S.E.R. Mons.
Csaba Ternyák, Secrétaire de la Congrégation
pour le Clergé, devant l'Assemblée Synodale de
l'Ordre
Cistercien
Cher Abbé Général, chers Pères
Abbés et membres du Synode,
1 Avant tout je vous salue tous, en cette Assemblée Synodale qui
vous réunit de toutes les parties du monde, pour affronter aussi aujourd'hui un
thème qui est d'une importance réellement cruciale pour l'avenir de votre Ordre
Cistercien, de même qu'il l'est pour toute l'Église, à savoir la pastorale des
vocations.
Pour traiter ce sujet l'Abbé
Général m'a invité à participer au Synode et à donner une contribution sous la
forme d'une réflexion que, je vous présente bien volontiers, au nom de toute la
Congrégation pour le Clergé, dans l'espoir que mes paroles puissent vous être
un stimulant et une aide.
Indubitablement la pastorale
des vocations a une place centrale dans la dynamique pastorale de l'Église, qui
a toujours privilégié ce délicat contexte de sa vie ecclésiale dans lequel nous
sommes appelés à engager des énergies spirituelles renouvelées et fraîches, que
le Saint Esprit met toujours à la disposition de ceux qui croient en
l'efficacité extraordinaire de l'Évangile, avec l'intention d'obéir à la Parole
du Christ, vivante et éternelle qui, confiée à l'Église, est transmise d'une
manière inaltérable depuis deux milles ans de Tradition ininterrompue.
Vraiment, je rends grâce à Dieu
de me trouver parmi vous pour recevoir et offrir un encouragement à regarder en
avant, à "prendre le large" (Duc in altum), afin de trouver
ensemble l'élan pour communiquer un stimulant plein de créativité au travail
pastoral qui doit être réalisé dans le domaine des vocations. Si par absurdité
nous ne le faisions pas, nous ne serions pas des imitateurs de ce Jésus de
Nazareth, qui a fait de la pastorale des vocations une des priorités de son
apostolat.
Justement le Saint Père Jean
Paul II a relancé, par des appels répétés durant son Pontificat, l'invitation
en faveur d'une pastorale des vocations renouvelée.
Je pense en ce moment, à tout
ce qu'Il a écrit dans Pastores dabo vobis ; précisément
sur l'exemple que nous a donné le Seigneur Jésus et dont témoigne l'Évangile,
l'Église est appelée : à
expliquer et à décrire le dynamisme propre de la vocation, son développement
graduel et concret selon les étapes suivantes : chercher Jésus, le suivre, et
demeurer avec lui. L'Église trouve dans cet "Évangile de la vocation"
l'exemple, la force et l'élan nécessaires à sa pastorale des vocations,
c'est-à-dire la mission qui vise à s'occuper de la naissance, du discernement
et de l'accompagnement des vocations, en particulier des vocations au
sacerdoce. Parce que "le manque de prêtres est certainement la tristesse
de toute Église", la pastorale des vocations doit, aujourd'hui surtout,
être entreprise avec une ardeur nouvelle, vigoureuse et plus déterminée, par
tous les membres de l'Église. On doit être convaincu qu'elle n'est pas un
élément secondaire ou accessoire, ni un moment isolé ou limité (PDV, n°34).
Je voudrais partir de cette
réflexion pour tracer quelques pistes qui nous servent à diriger notre
attention vers la prise de conscience que la pastorale des vocations n'est
pas un élément secondaire ou accessoire, ni un moment isolé ou limité, comme
l'a affirmé le Pape, mais qu'elle doit, aujourd'hui surtout, être entreprise
avec une ardeur nouvelle, vigoureuse et plus déterminée.
C'est aussi ce que nous nous
proposons de faire, conscients du mandat apostolique de Sa Sainteté, donné à
toute l'Église au commencement du Nouveau Millénaire, avec ce Duc in altum (Lc.,
5, 4) qui s'actualise également dans cette Assemblée si qualifiée.
Avec l'intention d'éprouver par
le feu la situation de la pastorale des vocations au sein de votre Ordre, vous
entrez dans la dynamique pastorale du Duc in altum, une invitation à
prendre le large, voiles déployées au souffle de l'Esprit Saint, pour lancer,
avec plus de profondeur et d'amplitude, les filets de l'Église, accomplissant
de cette manière le commandement du Christ ressuscité, qu'il donna aux Siens
avant de monter au Ciel : Allez donc : de toutes les nations faites des
disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous
ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps.
(Mt.,28,19-20).
Il n'aurait pas été possible
d'accomplir un tel commandement universel sans que ces disciples aient été
appelés par leur nom à suivre Jésus, et sans que tous les autres, après eux,
n'aient écouté et accueilli le même fascinant appel du Maître : Suis-moi
(Mt., 9, 6).
Si nous tiennent à cœur le
ministère ordonné, la beauté de la vie contemplative et apostolique, qui émane
de l'option radicale de l'existence sponsale, exprimée à travers les vœux
religieux, si nous tient à cœur le cœur même de la vie chrétienne, qui est
éminemment eucharistique, c'est à dire entièrement consacré à la gloire de Dieu
et au salut des âmes, nous ne pouvons envisager un avenir avec toujours moins
de prêtres, moins de vocations à la vie consacrée, où resplendisse toujours
faiblement dans les horizons de l'Église, cette lumière qui est, par contre,
d'une particulière beauté et d'une fascination irrésistible parce qu'elle est
l'irradiation d'une vie entièrement dispensée dans la sequela Christi.
Une telle perspective ne peut
absolument pas être prise en considération, comme Jean Paul II l'a souligné
tant de fois, encore à l'occasion de la dernière assemblée Plénière de la
Congrégation pour le Clergé, lorsque à propos du manque de vocations au
sacerdoce et du climat de résignation que cela entraîne parfois, Il a parlé d'
"erreur fatale" : Ce serait une erreur fatale de se résigner
aux difficultés actuelles et de se comporter de fait comme si nous devions nous
préparer à une Église de demain, imaginée quasiment privée de prêtres ! (Jean
Paul II à l'Assemblée Plénière de la Congrégation pour le Clergé, 23 novembre
2001).
2 A la résignation, au découragement et à l'abattement, il faut
opposer une dynamique de la pastorale des vocations vraiment prioritaire ;
il n'y a pas de place dans le cœur d'un chrétien pour l'abandon devant les
difficultés.
Malheureusement, depuis
quelques décennies, dans notre société se développe un phénomène qui se répand
comme une tache d'huile surtout chez les jeunes, le phénomène de la culture du
"non senti", du "vide", d'une culture que Jean Paul II
appelle "culture de mort". Elle a beaucoup contribué à la création
d'un climat sombre, parfois véritablement oppressant, qui pèse sur notre
existence humaine comme si nous vivions sous un ciel obscurci par des nuages
menaçants, qui empêchent la pénétration de la lumière et de la chaleur du
soleil.
Cette culture tant diffusée a
produit dans l'homme une mentalité, qui se teinte toujours davantage de
matérialisme, de nihilisme, d'hédonisme, de relativisme et de tant d'autres
"isme" qu'il ne convient pas d'énumérer ici. Idéologies sans Dieu qui
ont souvent proclamé la "mort de Dieu", implicitement ou
explicitement, et qui en revanche ont conduit à la "mort de l'homme".
Plus quelqu'un s'éloigne de Dieu plus il se précipite dans de ce vide provoqué
par l'homme lui-même, qui conduit également à vouloir éloigner Dieu de son
propre cœur, lui refusant le droit de cité.
Peut-être nous aussi, que ce
soit comme chrétiens individuels ou comme communauté, nous avons parfois
sous-estimé le piège de cette culture sécularisée, nous avons pensé que d'une
certaine manière il serait possible de la domestiquer, ou peut-être nous avons
espéré que son horizon ne nous cache pas totalement le transcendant et que les
valeurs fondamentales ne seraient pas étouffées par elle, comme en réalité cela
est arrivé et arrive progressivement. Le monde dans lequel nous vivons, comme
nous l'enseigne Gaudium et Spes, est un monde qui apparaît à la fois comme
puissant et faible, capable du meilleur et du pire, et le chemin s'ouvre devant
lui de la liberté ou de la servitude, du progrès ou de la régression, de la
fraternité ou de la haine. (GS., n°9).
Ainsi on a assisté, parfois,
disons-le aussi, passivement, à la croissance de modèles culturels absolument
en contraste avec l'Évangile.
Pensons, seulement pour donner
un exemple, à la publicité moderne qui se répand toujours plus à travers les
moyens de communication sociale et qui explique la figure du religieux, de la
religieuse, en le ridiculisant au point d'en faire un "clown" de spot
publicitaire. Et que penser lorsque c'est Dieu même qui est exploité à des fins
publicitaires ! Inutile de dire combien et quelle influence cette
publicité exerce sur le cœur des jeunes. Les maîtres de la communication savent
bien comment est décisive pour la vente d'un produit la publicité, qui à son
tour véhicule des messages souvent ambigus.
Je me suis permis de donner cet
exemple parce que, en effet l'incidence rapide et mensongère d'une telle
culture avec ses "valeurs", ou pour mieux dire, "contre-valeurs",
véhiculée d'une manière intensive par les moyens de communication sociale,
c'est comme si nous étions déphasés.
Quand un torrent se précipite
dans une vallée et devient un fleuve d'une ample largeur, si les digues ne le
freinent pas, il emportera sans pitié, dans la violence de sa pression, ce
qu'il rencontre sur son chemin. Peut-être n'avons-nous pas construit sur nos
fronts des digues suffisantes, aptes à sauvegarder cette atmosphère chrétienne,
qui, décennie après décennie, avait été laborieusement édifiée par les
générations de croyants qui nous ont précédés.
Mon analyse, loin d'être
pessimiste et encore moins résignée, veut être une simple constatation d'une
réalité que nous pouvons lire avec une certaine facilité dans les signes de notre
temps. Cela ne nous empêchera certainement pas de prendre le large, mais il est
bon de nous souvenir que notre navigation sur la mer de l'histoire de cette
période qui s'étend sur deux mille ans, s'accomplit non sur des eaux
tranquilles, mais agitées. L'important alors est d'avoir bien en mains le timon
et de déployer les voiles dans la bonne direction.
Justement le charisme du
Vicaire du Christ, de confirmer ses frères dans la foi (Lc., 22, 32), comme le
timonier du grand navire qu'est l'Église, nous a particulièrement aidés par le
document Novo Millennio Ineunte, qui devrait représenter pour
nous comme une sorte de carte de navigation dans la mer agitée de notre
civilisation.
3 Dans l'Évangile, le Seigneur Jésus emploie une expression très
forte pour caractériser des temps de bourrasque, très éloignés de Lui dans le
temps, que, les Papes des ces dernières décennies ont reprise et citée de
nombreuses fois, comme s’ils entrevoyaient que cette prédiction du Christ se
réalise d’une certaine manière dans l'histoire de notre époque.
Je me réfère à cette célèbre et
mystérieuse expression : Mais le Fils de l'homme, quand il viendra,
trouvera-t-il la foi sur la terre ? (Lc., 18, 8).
Il me semble que la raison
ultime de la diminution des vocations et d'un certain affaiblissement de la vie
chrétienne en général, comme dans le Continent Européen – où à d'autres
époques le christianisme était si florissant en vocations – réside
principalement dans le fait que notre foi a eu des moments de faiblesse, a
souffert comme d'une espèce de ralentissement, presque comme si nous avions
peur que la puissance du Christ et de l'Évangile ne puisse arriver à contrer
suffisamment le monde, ses provocations et son fort pouvoir de persuasion.
Je pense à l'épisode
évangélique où Jésus dort dans la barque, tandis que la mer est déchaînée, et
où, chez les apôtres effrayés, diminue la foi en la présence bienveillante du
Seigneur (Mt., 8, 24-27). En si peu de temps ils ont quasiment oublié tous les
miracles qu'ils ont vus et les bienfaits reçus du Sauveur et même ce pouvoir
illimité qu'Il a sur la nature. Dans la crainte de couler, soulevés par ces
vagues impétueuses, ils commencent à crier, ils ne réussissent pas à implorer
le Maître, mais Lui font plutôt des reproches (Mt.,4,38), comme s'ils étaient
dans l'angoisse de ne plus être écoutés, comme si désormais tout était perdu.
Nous aussi devant les hautes
vagues des défis du temps présent, qui se fracassent implacablement sur notre
barque et semblent nous dépasser, nous sommes tentés d’abandonner toute
espérance, de nous laisser aller à une froide analyse purement sociologique
d'une situation, celle de la déchristianisation, qui paraît revêtir un
caractère irréversible : devant la diminution des vocations, devant le
vieillissement progressif du Clergé, devant la relève insuffisante de forces
nouvelles et de nouvelles cohortes de consacrés dans les Ordres glorieux comme
le vôtre, nous nous sentons déphasés, arrivés même à penser, comme les apôtres
angoissés, que peut-être nous allons faire naufrage.
Oui, cela est sûr, nous
coulerions si le Seigneur n'était pas avec nous, mais Il nous a promis : Je
suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde (Mt.,28,20).
Je suis avec vous !
Oui, Lui est toujours avec nous, mais est-il vrai que nous aussi nous
sommes toujours avec Lui ? C'est ce que le Seigneur reproche à ses
disciples effrayés, troublés par cette mer en furie : Pourquoi
avez-vous peur, hommes de peu de foi ? (Mt.,8,26). Et à une autre occasion
Il leur dit : Si vraiment vous
aviez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous diriez à ce sycomore:
"Déracine-toi et va te planter dans la mer ", et il vous obéirait. (Lc.,17,6).
Nous voyons dans ce témoignage
de l'Évangile, comme en tant d'autres, qu'il y a un lien intime entre la foi au
Christ et la prière, entre croire en Lui et demeurer auprès de Lui. La foi se
manifeste à travers la prière, qui en même temps nourrit la foi de celui qui
prie. Une foi qui ne se ferait pas prière confiante, dialogue d'amour avec
Dieu, resterait stérile, tandis qu'une foi qui se fait prière est féconde de
toutes sortes de fruits spirituels, parmi lesquels les vocations.
C'est un fait que nous pouvons
constater facilement dans nos réalités chrétiennes : quand la foi diminue,
la prière diminue, et vice-versa ! Il y a en effet, entre foi et prière,
une espèce de relation de cause à effet et d'effet à cause.
En d'autres termes, comme je
l'ai souligné plus haut, la prière elle-même engendre une foi plus robuste.
Voilà pourquoi, à un moment donné, les disciples, fascinés par le rayonnement
de la personne de Jésus qui priait, et conscients de leur incrédulité,
supplient le Seigneur Jésus : Apprends-nous à prier (Lc., 11, 1).
4 Nous pourrions dire justement, en un certain sens, que la vigueur
de notre foi et de notre prière se mesure aux vocations. Assurément, cela ne
peut devenir un paradigme absolu, mais si nous regardons l'Évangile nous ne
pouvons faire moins que de constater cette étroite relation. En effet,
l'Évangile demande la sollicitude de notre prière – et par conséquent de notre
obéissance de la foi – pour la réalisation du commandement du Seigneur qui est
comme le cœur de toute pastorale des vocations : Priez donc le Maître
de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson. (Mt., 9, 38).
Si les ouvriers manquent pour
la moisson, si nos communautés, qui étaient autrefois florissantes, aujourd'hui
sont chancelantes en raison de la pénurie des vocations, alors nous devons
avoir l'humilité de reconnaître qu'il y a eu chez nous quelque chose qui n'a
bien marché, que l'union admirable "foi-prière" doit être rétablie à
son niveau d'origine.
Il y aussi la tentation
d'attribuer la cause de la pénurie des vocations au Saint Esprit, comme si le
Seigneur voulait guider l'Église par un autre chemin et que nous autres en
étions déjà convaincus au point de n’entreprendre presque plus rien pour
promouvoir les vocations. Cette "erreur fatale" mène à considérer la
pastorale des vocations non plus comme prioritaire mais plutôt secondaire, même
au sein de la pastorale des jeunes.
En vingt siècles de
christianisme que nous avons derrière nous, la floraison des vocations a
toujours été le signe de la vitalité et de l'accroissement qui en résulte pour
la communauté chrétienne, de vigueur dans l'authentique esprit ecclésial et de
bénédiction du Ciel. Pour ces communautés chrétiennes la relation directe qui
existe entre la foi et la prière pour les vocations était évidente, vocations
que seul le Saint Esprit est capable de susciter en leur sein, selon les
promesses de Jésus dans l'Évangile.
Le Saint Père Jean Paul II
rappelle à notre attention ce point, que l'on ne peut absolument pas oublier ou
considérer comme de peu d'importance, si nous voulons repartir du Christ pour
la promotion d'une efficace pastorale des vocations : Il nous dit que toute
la communauté doit procurer ses vocations, comme signe de sa vitalité et de sa
maturité.
Je me permets de citer, plus
longuement, cette intervention du Souverain Pontife devant les Évêques
colombiens, lors de la visite ad limina en 1985, dans laquelle Il évoque
quelques passages de la rencontre décisive de Puebla en 1979, parmi lesquels
ceux centrés sur les vocations.
Sans aucun doute cette
floraison des vocations est le fruit de la prière humble, confiante et
persévérante. C'est pourquoi le Christ, après avoir contemplé le vaste champ,
l'abondance de la moisson et la pénurie des moissonneurs, nous a
demandé :" Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers
à sa moisson. (Lc., 10, 2). C'est ainsi que vos Églises diocésaines ont mis en
pratique l'exhortation de Puebla (n. 882) de promouvoir des campagnes de
prières, conscientes que " la vocation est la réponse de Dieu-Providence à
la communauté en prière". Cette réponse est aussi le fruit d'une pastorale
des vocations renouvelée, dynamique, insérée dans l'ensemble de la pastorale,
qui porte à convaincre toute la communauté chrétienne de son devoir dans le
domaine des vocations : "Toute la communauté doit procurer ses
vocations comme signe de sa vitalité et de sa maturité". (Puebla,
discours inaugural).
Cet engagement communautaire à
prier pour les vocations, que le Pape appelle "campagnes de prière",
les Évêques d'Amérique Latine l'ont bien réalisée. Par exemple au Mexique,
depuis dix ans, partout, après chacune Messe, l'on dit une prière spéciale pour
demander à Dieu de nouvelles et saintes vocations. Une telle dévotion était
déjà établie dans cette Nation, mais après la visite du Pape en 1979, cette
prière s'est répandue dans chaque paroisse, chaque monastère, chaque communauté
chrétienne. C'est à une telle prière, comme nous l'avons lu, que le Saint Père
attribue la floraison des vocations dans ce Continent, et ce n'est pas par
hasard qu'il est appelé le Continent de l'espérance, également en raison de
cette floraison.
5 Arrivé à ce point je me permets de me référer, comme je l'ai
dit précédemment, à la Lettre Apostolique Novo Millenio Ineunte,
qui indique à l'Église le parcours à suivre pour naviguer dans la juste
direction, en cette mer agitée du temps dans lequel nous vivons.
Le Pape le fait précisément, en
prenant comme icône de réflexion le célèbre épisode des disciples qui partirent
à la pêche et ne prirent rien (cf. Lc., 5, 5).
Nous sommes de nouveau, chers
amis, sur la mer, ou pour mieux dire, sur le Lac de Tibériade. Écoutons ce que
nous dit Jean Paul II comme commentaire à ce miracle réalisé par Jésus, où nous
trouvons cette conjonction vitale entre la foi et la prière dont nous avons
parlé plus haut. Cela vaut vraiment la peine de lire le paragraphe n. 38 de la
Lettre Apostolique, dans l'optique et la dynamique de la réflexion
d'aujourd'hui sur la pastorale des vocations.
Certes, Dieu nous
demande une réelle collaboration à sa grâce, et il nous invite donc à investir
toutes nos ressources d'intelligence et d'action dans notre service de la cause
du Royaume. Mais prenons garde d'oublier que "sans le Christ nous ne
pouvons rien faire" (cf. Jn., 15, 5) . La prière nous fait vivre justement
dans cette vérité. Elle nous rappelle constamment le primat du Christ et, en
rapport à lui, le primat de la vie intérieure et de la sainteté. Quand ce
principe n'est pas respecté, faut-il s'étonner si les projets pastoraux vont au
devant de l'échec et laissent dans le cœur un sentiment décourageant de frustration?
Nous faisons alors l'expérience des disciples dans l'épisode évangélique de la
pêche miraculeuse: "Nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre"
(Lc., 5, 5) . Tel est le moment de la foi, de la prière, du dialogue avec Dieu,
qui ouvre le cœur au flot de la grâce et qui permet à la parole du Christ de
passer à travers nous avec toute sa force : Duc in altum! Lors de cette pêche,
il revint à Pierre de dire les mots de la foi: "Sur ton ordre, je vais
jeter les filets" (ibid). Permettez au Successeur de Pierre, au début de
ce millénaire, d'inviter toute l'Église à cet acte de foi, qui s'exprime dans
un engagement renouvelé de prière. (Jean Paul II Novo
Millennio Ineunte, n.38).
Ce sont des paroles fortes et
claires comme il convient à ces messages destinés à marquer le passage du
Peuple de Dieu en marche, qui est introduit dans le Nouveau Millénaire par cet
appel central du Vicaire du Christ qui invite toute l'Église à cet acte de
foi, qui s'exprime dans un engagement renouvelé de prière.
Celui qui détient le Primat de
la vérité dans l'Église est aussi celui qui nous rappelle cet autre primat,
celui de la prière qui nous fait vivre justement dans cette vérité (c'est
à dire que sans le Christ nous ne pouvons rien faire). Elle nous rappelle
constamment le primat du Christ et, en lien à lui, le primat de la vie
intérieure et de la sainteté.
Quand les principes
fondamentaux qui sont le fondement de toute loi ou discipline de gouvernement
ou de quelque système organisé, etc… ne sont pas respectés, alors survient le
chaos, le désordre, la confusion.
6 Le rappel urgent que Novo Millenio Ineunte fait
en relation et en réponse à l'application des principes fondamentaux de l'Évangile
est limpide et simple. Nous ne devons pas tourner autour, mais le suivre,
justement comme le font les apôtres après l'échec de leur pêche sans aucune
prise, ils obéissent à l'ordre de leur maître, permettant, comme dit le Pape à
la parole du Christ de passer à travers eux avec toute sa force : Duc in altum!
C'est seulement ainsi que sa pêche et notre pêche devient fructueuse.
Parfois la parole de la Vérité
n'arrive pas à pénétrer dans nos cœurs parce qu'elle les trouve obstrués, comme
endurcis. Quand dans le cœur physique se produit une obstruction au niveau des
canaux vitaux, ceux où passe le sang, alors il y a un black-out, un infarctus
qui peut conduire à la mort. Quand le cœur spirituel du croyant se ferme au
passage de la parole du Christ, en lui désobéissant, alors il y a un black-out
de l'esprit, la vie intérieure se paralyse, parce que le principe de l'obéissance
de la foi n'a pas été respecté.
De même pour les apôtres il y
avait le risque que leur mentalité, leurs opinions et leurs expériences les
induisent dans la tentation de résister à la Parole de Jésus, principalement
quand sa Parole se faisait exigeante d'une foi plus grande, pour une logique
toute divine qui échappe à la logique humaine et qui de plus, parfois, la
scandalise.
Je me rappelle, ici, le fameux
Discours Eucharistique de Capharnaüm, quand, pour ainsi dire, se réalisa le
premier schisme dans la communauté de ceux qui suivaient Jésus. Beaucoup
prirent un autre chemin (Jn., 6, 66), préférant maintenir leurs rigides positions
intellectuelles, leurs froides logiques devant les paroles provocantes du
Christ sur l'Eucharistie, remplies de lumière éblouissante pour la myopie
humaine.
L'Évangile nous dit que ces
disciples étaient convaincus que le langage de Jésus avait été trop dur (Jn.,
6, 60) ; mais c'était vraiment le contraire, leur cœur s'était endurci,
obstrué par l'orgueil intellectuel qui n'est pas disposé à revenir en arrière,
à admettre qu'il a voulu bâtir davantage sur lui-même et ses propres ressources
humaines que sur le Christ. Quand le primat du Christ n'est pas respecté,
l'homme dévie de la voie qui le conduit à la vérité et va par ses propres
chemins qui ne mènent nulle part.
Pierre a eu le courage de faire
marche arrière, nous l'avons vu à diverses reprises dans l'Évangile. De même à
Capharnaüm, il a eu le courage de la vérité, c'est à dire, l'humilité de la
reconnaître et d'en témoigner par sa vie : Seigneur, à qui irons-nous?
Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous, nous croyons, et nous avons
reconnu que tu es le Saint de Dieu. (Jn., 6, 68-69).
Chers amis et frères dans le
sacerdoce du Christ, s'imaginer un futur résultant d'une stérilité spirituelle
qui devienne plus visible avec la diminution à venir des vocations, ne serait
pas, certainement, en syntonie avec le Saint Esprit qui est au contraire
fécondité, joie de la vie donnée librement à Celui de qui l'on a reçu cette
même liberté de la donner.
Si il y a une tristesse qui
nous est permise à l'intérieur de la pastorale des vocations, je dirais que c'est
seulement celle que peut avoir expérimentée Jésus devant le jeune homme riche
qui repousse un amour plus grand (cf. Mc., 10, 12). Jésus le regarde avec
tristesse s'en aller ; malgré l'amour révélé à ce jeune, à travers l'appel
divin à suivre le Christ, l'égoïsme a pris le dessus. Lui aussi s'en alla par
ses propres chemins, l'Évangile nous le dit, parce qu'il était riche (cf. Mc.,
10, 22b), il tourna le dos à Jésus et s'éloigna.
7 Jusqu'ici nous avons réfléchi, sur un plan éminemment
spirituel, de l'importance de la foi et de la prière dans le domaine des
vocations. Maintenant j'aimerais brièvement insister, également au plan
pratique, sur quelques questions pragmatiques que nous pourrions nous poser au
point où nous en sommes, et qui dans un certain sens sont obligatoires.
En effet, à côté de l'effort
d'une foi plus vive et d'une prière plus intense étendue à toute la communauté,
pour obtenir de Dieu des nombreuses et saintes vocations, il faut aussi diriger
notre attention vers l'aspect, je dirais, apostolico-missionnaire. Comment nous
approchons-nous des jeunes, quel enthousiasme, quelle joie, quel amour pour
notre vocation leur témoignons-nous ? Sommes-nous pleinement convaincus
qu'on ne peut transmettre ce qu'on n'a pas ? Comment pourrions-nous prétendre
recueillir des fruits là où rien a été semé ?
Il y a beaucoup de jeunes,
trop, qui grandissent aujourd'hui sans aucune notion élémentaire de catéchisme,
d'instruction religieuse de base, beaucoup plus accessible auparavant qu'à
notre époque. C'est inimaginable de penser qu'un jeune, qui ne connaît rien du
Christ, puisse entrer dans un couvent sans une intervention spéciale, que Dieu
réserve seulement à peu de personnes.
D'innombrables vocations sont
issues des prédications, des missions populaires, des familles pieuses, des
séminaires et des monastères qui vivaient dans la joie et l'enthousiasme pour
la personne de Jésus et pour son appel au sacerdoce et à la vie consacrée. Ces
vocations ont toujours été attirées à suivre le Christ en entendant parler de
Lui, Le voyant à travers les yeux irradiés de joie et de sérénité d'autres
disciples, le découvrant derrière les grilles des monastères où la prière
chorale s'élève vers Dieu comme les voix des anges sur la terre.
Il ne faut donc pas se leurrer
en nous disant que le secret de la pastorale des vocations est une question de
méthode. Ce n'est pas la méthode, mais la substance qui est nécessaire avant
tout, c'est à dire : la foi, la prière, l'enthousiasme et la joie de vivre
sa vocation, sont des ingrédients substantiels et non accessoires, qui
accompagnent la foi et la prière persévérante de toute la communauté pour une
pastorale des vocations renouvelée et dynamique.
Le Saint Père, dans le document
dédié à la vie consacrée, expose clairement sa pensée à ce sujet:
Hormis la promotion de
la prière pour les vocations, il est urgent d'encourager fortement, par une
annonce explicite et par une catéchèse adaptée, ceux qui sont appelés à la vie
consacrée pour qu'ils donnent une réponse libre, mais prompte et généreuse, qui
rende opérante la grâce de la vocation. L'invitation de Jésus: "Venez et
voyez" (Jn., 1, 39) demeure encore aujourd'hui la règle d'or de la
pastorale des vocations. Celle-ci tend à montrer, à l'exemple des fondateurs et
des fondatrices, l'attrait de la personne du Seigneur Jésus et la beauté du don
total de soi pour la cause de l'Évangile. La première tâche de tous les
consacrés et de toutes les consacrées consiste donc à proposer courageusement,
par la parole et par l'exemple, l'idéal de la sequela Christi, en affermissant
ensuite la réponse aux motions de l'Esprit dans le cœur des personnes appelées. (Vita
Consacrata, n. 64).
En pensant à l'actuelle
situation mondiale de la répartition des vocations, le Saint Père, dans la même
exhortation Apostolique, écrit : Malgré une augmentation dans les
jeunes Églises et dans celles qui ont subi des persécutions de la part de
régimes totalitaires, les vocations à la vie consacrée se font parfois rares
dans les pays traditionnellement riches en vocations notamment missionnaires. (Vita Consacrata, n. 64).
8 Je crois que c'est également votre expérience et cela nous
pousse à reprendre avec confiance le chemin. Jésus ne s'est pas résigné à cause
de ce jeune homme riche qui ne voulut pas le suivre, et n'a pas non plus
diminué le rythme de sa marche joyeuse de la pastorale des vocations, mais il a
continué à aller de l'avant et en a rencontré d'autres qui l'ont accueilli
généreusement.
De même dans notre vie
personnelle, il y a eu probablement des phases de lenteur, pour ne pas dire
d'arrêt, dans la proposition entraînante et enthousiaste de l'appel à suivre le
Christ.
Je puis vous dire que moi aussi
je me suis parfois demandé si je n'aurais pas pu faire davantage pour favoriser
et stimuler une réponse totale à Jésus de la part de l'un ou l'autre que la
Providence Divine avait mis sur ma route et qui peut être ressentait, plus
qu'on peut se l'imaginer, un certain appel à tout quitter pour le Seigneur.
Lorsque je l'ai fait,
évidemment sans exercer de pression, et que j'ai offert une aide de
discernement et d'accompagnement à celui qui ressentait dans son cœur une
possible vocation, le Seigneur m'a récompensé par tant de satisfaction. Je
crois, en effet, qu'il n'y a pas de joie plus grande pour un prêtre que celle
qu'il expérimente quand un jeune le remercie pour le courage qu'il lui a
transmis de suivre Jésus comme les apôtres.
Chaque disciple du Seigneur,
qui a tout laissé pour le suivre, qu'il soit un prêtre ou un consacré, a été
investi de l'amour de Dieu, comme Jean et André il est venu et a vu où
habite le Maître (Jn., 1, 39), sentant posé sur lui le regard de la
prédilection divine. Ce disciple lui-même est appelé à se faire canal ouvert à
l'amour d'élection de Dieu, afin que ceux qui croisent son regard puissent
ressentir en lui l'allégresse et l'enthousiasme de se savoir aimés par l'unique
et commun Seigneur de leur vie.
Quand André communiqua à Pierre
son frère qu'il avait trouvé le Messie attendu, son enthousiasme et son regard
radieux eurent, sûrement, un formidable impacte dans l'âme de Simon Pierre
(Jn., 1, 40-42) ; il ne me paraît pas exagéré de dire que grâce à cette
"médiation", le chemin de la vocation commença pour Simon Pierre.
L'histoire de l'Église et de
ses saints compte d'innombrables "médiations de vocations" de ce
type. Combien de fois, en effet, nous avons lu dans la biographie d'hommes et
de femmes de Dieu le rôle décisif exercé par ceux qui ont vécu jusqu'au bout
leur vocation et ont été des modèles de vie pour les autres. Peut-être aussi
pour nous qui sommes ici, la contribution d'un tel médiateur a été fondamentale
pour notre oui total à Dieu.
Aucun programme et aucune
méthodologie ne pourra jamais se substituer à la contribution personnelle que
nous sommes appelés à donner par notre exemple, pour la pastorale des
vocations. Bien sûr les familles et les éducateurs les plus proches peuvent
faire beaucoup, mais pour le jeune qui se sent appelé par Dieu, rien ne peut
remplacer l'exemple du ministre ordonné, du consacré ou de la consacrée, qu'il
rencontre sur son chemin. Pour accompagner cet exemple, viennent ensuite les
diverses aides que l'Église nous offre, telles que les méthodes et les études,
comme a récemment eu l'occasion d'en présenter une le Centre International des Vocations
Rogate, qui a édité cette année le Dictionnaire de la Pastorale des
Vocations.
Malheur à nous si nous
n'utilisions pas pleinement les possibilités que la divine providence met à
notre disposition ! Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. (Mt.,10,8),
le rappel de l'Évangile de Matthieu est plus que jamais actuel et approprié
aussi au contexte de la pastorale des vocations, et il vaut pour toute œuvre
suscitée par l'Esprit dans l'Église.
La mentalité du jeune homme
riche peut, certainement, devenir la mentalité des disciples du Christ ;
peut-être aussi est-ce la raison pour laquelle, devant les perplexités des
apôtres au sujet des exigences du Royaume, Jésus déclare : Qu'il sera
difficile à ceux qui ont des richesses d'entrer dans le Royaume de Dieu ! (Mc.,
10, 23).
La pauvreté en esprit est une
autre note distinctive pour le succès de la pastorale des vocations ; en
d'autres termes, ceux qui sont appelés doivent sentir aussi en nous, qui avons
été déjà choisis par le Seigneur, en plus de la foi en son amour, de
l'enthousiasme et de la joie pour notre vocation, une grande humilité et
disponibilité pour le service.
L'Église, en effet, n'est pas
créée par nous, ni non plus les Ordres religieux, les Communautés et les
Mouvements catholiques, les Paroisses et les Diocèses, tout est au service du
Royaume de Dieu.
Parlant de la logique des
puissants du monde, et lui opposant celle du Royaume, Jésus dit aux
apôtres : Il ne doit pas en être ainsi parmi vous. Au contraire, si
quelqu'un veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur, et si
quelqu'un veut être le premier parmi vous, qu'il soit votre esclave. (Mt.,20,26-27).
La fascination pour
l'authentique humilité unie à la foi est irrésistible, si j'ose dire. Nous pouvons
le mesurer, par exemple, justement en la personne du Saint Père Jean Paul II.
La fatigue, les ennuis de santé et les accidents ont éprouvé et courbé son
physique mais lui aussi, jusqu'au bout, devient l'icône d'une humilité vécue et
témoignant du Vicaire du Christ. Ici se réalise, infailliblement, la parole de
Dieu : car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. (2Cor.,12,10).
9 Et ici, pour terminer, je retourne aux paroles
initiales : devant l'apparente suprématie du"non senti", du
"vide", de la "culture de mort", on ne peut se résigner,
mais il faut opposer avec détermination la culture de l'Évangile de la vie.
Revenir à mettre l'Évangile au
centre de notre vie personnelle et communautaire, est la réforme de toute
réforme.
En dehors de moi, vous
ne pouvez rien faire. (Jn., 15, 5), cette sentence est incontournable.
Nos efforts ne serviraient à rien – comme nous le dit le Saint Père – si nous
ne partions pas du Christ et alors c'est cela le moment de la foi, de la
prière, du dialogue avec Dieu, qui ouvre le cœur au flot de la grâce et qui
permet à la parole du Christ de passer à travers nous avec toute sa force : Duc
in altum! (NMI, n°38).
Je voudrais conclure cette
relation avec ces paroles de Novo Millenio Ineunte, tirées du
fragment évangélique de la pêche miraculeuse (cf. Lc., 5, 7), souhaitant à
votre Ordre resplendissant de figures éminentes par la sainteté de leur vie, à
commencer par le grand maître saint Bernard de Clairvaux, une pêche miraculeuse
riche de vocations à la vie contemplative, pour un avenir plein de joie, comme
on se réjouit quand arrive la moisson (cf. Ps., 126, 6).
Afin que ce souhait devienne
réalité, prions. Le Cardinal Paskai de Budapest, dont j'ai été l'Auxiliaire,
dit souvent qu' il n'est pas suffisant de prêcher sur l'importance de la
prière pour les vocations, mais qu'il faut aussi prier.
C'est pourquoi je me permet
maintenant de vous inviter à vous unir à cette prière pour les vocations qui se
récite au Mexique à la fin de chaque Sainte Messe, et que maintenant nous
faisons spécialement pour votre Ordre :
O Jésus, Pasteur éternel
des âmes, daigne regarder avec miséricorde cette portion de ton troupeau que tu
aimes. Seigneur, nous pleurons comme des orphelins, donne-nous des saintes
vocations de prêtres et de religieux, nous te le demandons par l'intercession
de la Vierge Immaculée, Marie de Guadalupe, ta douce et sainte Mère. O Jésus,
donne-nous des prêtres et des religieux selon ton Cœur. Amen !