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Comment discerner sa vocation Au long des années, j’ai souvent eu l’occasion de parler avec des jeunes qui essayaient de discerner s’ils avaient une vocation au sacerdoce ou à la vie consacrée. J’ai parfois dû leur dire, à leur grande surprise et à leur consternation, qu’ils faisaient fausse route, que ce nétait pas de discernement dont ils avaient besoin, mais d’autre chose. Je m’explique :(avant que vous ne pensiez que j’ai quelque chose contre les vocations !) Le grand problème du discernement - du moins comme beaucoup l’envisagent - est le suivant : bien souvent, nous transformons ce qui devrait être une conversation sur l’essentiel avec Dieu, une expérience du souffle de Dieu dans notre propre vie, un élan de nos aspirations les plus profondes et les plus nobles, en un examen froid, en un calcul dénué de toute préoccupation spirituelle, un calcul du risque, des avantages, des préférences, accompagné d’une incessante recherche de signes. Au lieu d’alimenter la confiance, ce genre de discernement étouffe l’appel, prive notre quête de tout élan et refuse à l’amour la place qu’il devrait avoir dans nos décisions. La nature même du discernement explique ce que je viens de dire, et aussi le fait qu’en matière de vocation, le discernement est seulement un des éléments à prendre en compte. Et peut-être celui sur lequel nous avons le moins de contrôle alors que nous lui portons le plus d’attention. 1. Un contexte intégralUne vraie vocation ne trouve pas sa source en nous, mais en Dieu. Dieu lance un appel. Depuis le jour où Il nous a créés, Il a pour chacun de nous un projet particulier. Par conséquent, Dieu, dans Sa Sagesse fera tout pour que nous recevions suffisamment de signes et que ce projet nous devienne évident. D’un autre côté, pour que le plan de Dieu se réalise, nous devons entendre cet appel et y répondre. Cette perception et cette acceptation doivent avoir lieu à tous les niveaux de notre être, non seulement dans le domaine intellectuel, mais aussi dans le domaine spirituel et émotionnel. Dans le discernement, à la nécessaire prière , vient s’ajouter le besoin de rationaliser cet appel et c’est là que s’introduit le scepticisme qui nous éloigne de la vérité. Par exemple, nous ne considérons pas comme un facteur de discernement la part de notre volonté d’accepter l’appel - ni l’influence de cette volonté sur notre capacité de l’entendre. Enfin, nous ne considérons pas les obstacles qu’il peut y avoir en nous-mêmes. Pourtant, tous ces éléments ont des conséquences immenses sur le discernement de notre vocation, et ils sont fréquemment les facteurs cachés qui sont déterminants pour son aboutissement, heureux ou malheureux. 2. La clef d’un discernement réussiLe discernement sera vraiment réussi si nous trouvons ce que Dieu attend de nous, puis si nous le faisons vraiment. C’est évident ! Il n’est pas difficile de comprendre combien il serait vain de rechercher notre vocation, si nous n’avons pas le désir de la suivre. Ce que certains trouvent étonnant, c’est que notre volonté de suivre notre vocation soit un facteur déterminant dans l’action d’accepter. Il s’ensuit que notre volonté de l’accepter devient un facteur déterminant de notre capacité à la découvrir. La découverte est une acceptation d’ordre intellectuel du fait que la vocation est bien là. L’acceptation est d’admettre qu’il y a quelque chose à faire, et l’action est la conséquence normale. Alors c’est l’amour qui triomphe. Nous ne pouvons éviter d’aborder le discernement avec un certain nombre de préjugés et de biais, positifs ou négatifs. L’indifférence dans ce domaine n’est pas dans la nature humaine. Prévoyant les sacrifices qu’il y aura à faire pour répondre à cet appel, notre volonté se met sur la défensive, comme un garde frontière face à un étranger suspect : il questionne longuement puis demeure prudemment sur la réserve, en attente de plus d’informations. Ainsi, le réel enjeu pour une personne qui discerne sa vocation c’est la volonté, de répondre « oui », s’il en a une. Le vrai problème est d’acquérir cet esprit de consentement, cette sincérité sans conditions. Et ceci devrait être notre souci, plus que le simple discernement 3. Disponibilité et obstaclesNous considérons souvent comme de la disponibilité le fait d’accepter intellectuellement que Dieu puisse nous appeler. Il y a cependant une autre forme de disponibilité plus utile. Celle-ci consiste en la capacité de dire vraiment à Dieu « Je ferai tout ce que Tu veux que je fasse. » C’est donc un fruit de la prière, et c’est exprimé par une prière qui est plus offrande que requête. Ce type de disponibilité rencontre des obstacles importants, dont la plupart sont à l’oeuvre en nous-mêmes. La parabole du semeur peut nous aider à discerner certains d’entre eux. (cf. Luc 6,4-15)
Pour discerner notre vocation, nous essayons d’ouvrir à Dieu nos esprits et plus difficilement encore, nos coeurs. Mais l’ennemi, le père du mensonge, fait tout ce qu’il peut pour obscurcir notre jugement et endurcir notre coeur. A certains moments, la froide indifférence avec laquelle nous nous tenons sur les bas côtés de la route, tandis que nos frères et soeurs sont dans le besoin et meurent de faim et de soif de la Vérité, est due à l’action de l’esprit du mal. Et lorsque nous traversons difficultés et épreuves, nous oublions souvent qu’elles ne sont pas en elles-mêmes des indicateurs de la volonté de Dieu, mais qu’elles peuvent aussi êtres dues à l’action de l’esprit du Mal, autorisées par Dieu pour notre purification.
La Parole de Jésus nous met en garde ici contre la pensée que, du simple fait que nous n’avons pas vraiment rejeté la volonté de Dieu, nous l’avons nécessairement suivie. La semence n’est pas perdue, elle ne meurt pas du manque d’eau, et pourtant elle ne donne pas de fruits. D’autres choses se mettent en travers du chemin et l’empêchent de croître. C’est peut-être ce qu’il advient à plus d’une vocation possible. Nous n’osons pas dire « non » ouvertement , mais nous nous détournons d’une réflexion sérieuse en occupant nos esprits et nos énergies avec toutes sortes d’activités, et nous laissons ainsi les bruits du monde nous envahir.
Combien nous sommes tous enrichis par la bonne terre que la Parole de Dieu a trouvée dans le coeur du Pape Jean-Paul II ou d’une Mère Térésa, et quels fruits merveilleux ils ont portés par leur persévérance dans la prière et la charité ; une persévérance qui les a imprégnés profondément de ’Evangile en purifiant leur coeur de tout attachement qui aurait pu étouffer la semence. Le Christ offre là une invitation et un exemple à tous et à chacun. Il décrit son projet pour nous. Il dit que nous en sommes capables, avec Sa grâce. 4. Eléments de discernementBien que le discernement ne soit pas l’élément le plus important pour réussir dans la recherche efficace de sa vocation, insistons cependant sur la nécessité de le faire correctement.
Un autre moyen est d’y aller vous-même. Faites une visite, assez longue pour avoir une assez bonne idée de la nature exacte de cette vie. Si c’est là que Dieu vous désire, vous commencerez à découvrir les soutiens que Dieu vous a préparés sur ce chemin de vie pour qu’un pauvre humain, faible comme vous en devienne capable. Cela stimule vraiment une vocation. Un autre moyen encore est d’éliminer tout narcissisme spirituel. Cessez de penser à vous-même et à vos dons. Pensez comment vous pourriez plutôt aider les autres et le Christ. Ne cherchez pas à trouver une consolation personnelle.
Des signes ? Nous en avons besoin, mais plus encore avons-nous besoin de reconnaître ceux qui nous sont déjà donnés. Ceci signifie :
Il faut que vous soyez prêts sans hésitation à faire ce que vos amis considèrent comme une folie ! 5. Equilibre dans le discernementIl semble clair de ce qui précède que le premier pas dans le discernement comporte deux aspects qui peuvent être interprétés comme contradictoires. L’un est de résoudre un problème intellectuellement avec l’aide de la prière sans doute mais un problème rendu plus difficile par mes calculs. L’autre est d’ordre intuitif ; il s’agit de reconnaître quelque chose qui vient de l’intérieur, mais qui est conduit par le coeur, qui met l’accent sur la foi, et qui est souvent déclenché par un exemple vivant et une expérience directe. Les deux aspects doivent être présents. Les proportions dépendront de chaque personne, mais l’analyste intérieur doit faire place au croyant, et le croyant doit tenir compte du don de Dieu qu’est la raison. Et jamais il ne faut oublier que là où est notre trésor, là aussi est notre coeur qui plus que notre raison à long terme déterminera nos actions. Finalement il s’agit de donner à Dieu sa place, et de faire de Lui notre trésor ! Père A. Bannon, L.C. Paru sur vocation.com |
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