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2000
– L'Eucharistie, source de tout ministère
Messages d'autres années: 1998 – « l'Esprit et l'Épouse disent : Viens ! (Ap 22,17) » 1999 – Le Père appelle à la Vie Éternelle 2000 – L'Eucharistie, source de tout ministère 2002 – La vocation à la sainteté 2004 – Prions pour les vocations 2005 – Appelés à avancer au large Vénérés
frères dans l'épiscopat, chers frères et sœurs, La
Journée mondiale de prière pour les vocations, qui sera célébrée dans la
joie des fêtes pascales, rendue particulièrement intense grâce aux événements
jubilaires, me donne l'occasion de réfléchir avec vous sur le don de l'appel
divin, en partageant votre sollicitude pour l'appel au ministère ordonné et à
la vie consacrée. Le thème que je désire vous proposer cette année est en
harmonie avec le déroulement du grand Jubilé. Avec vous, je voudrais méditer
sur : « L'Eucharistie, source de toute vocation et de tout ministère
dans l'Église ». L'Eucharistie, n'est-elle pas le mystère du Christ
vivant et à l'œuvre dans l'histoire ? Par l'Eucharistie Jésus continue
à appeler à sa suite et à offrir à chaque homme la « plénitude des
temps ». 1.
« Lorsque les temps furent accomplis, Dieu envoya son Fils ; il est né
d'une femme » (Ga 4, 4). « La
plénitude du temps s'identifie au mystère de l'Incarnation du Verbe... et au
mystère de la Rédemption du monde » (Tertio millen-nio adveniente, 1) :
dans le Fils consubstantiel au Père et qui s'est fait homme dans le sein de la
Vierge prend sa source et s'accomplit le « temps » attendu, temps de
grâce et de miséricorde, temps de salut et de réconciliation. Le Christ révèle
le dessein de Dieu pour toute la création et, en particulier, pour l'homme. II
« manifeste pleinement l'homme à lui-même et lui découvre la sublimité
de sa vocation » (Gaudium et spes, 22) cachée dans le cœur de l'Éternel.
Le mystère du Verbe incarné ne sera pleinement dévoilé que lorsque chaque
homme et chaque femme seront réalisés en lui, fils dans le Fils, membres de
son Corps mystique qui est l'Église. Le Jubilé, et celui-ci en particulier,
qui célèbre les 2000 ans de l'entrée dans le temps du Fils de Dieu et le mystère
de la Rédemption, exhorte chaque croyant à considérer sa vocation
personnelle, afin de compléter en sa chair ce qui manque à la Passion du Fils
pour son Corps, qui est l'Église (cf. Col 1,24). 2.
« Comme il était à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction,
puis il le rompit et le leur donna. Leurs yeux s'ouvrirent et ils le
reconnurent... mais il avait disparu de devant eux. Et ils se dirent l'un à
l'autre : notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous,
quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Écritures ? »
(Lc 24, 30-32). L'Eucharistie
constitue le moment culminant où Jésus, par son Corps donné et par son Sang
versé pour notre salut, révèle le mystère de son identité et indique le
sens de la vocation de tout croyant. La signification de la vie humaine se
trouve, en effet, entièrement dans ce Corps et dans ce Sang puisque nous avons
reçu d'eux la vie et le salut. L'existence même de la personne doit d'une
certaine façon s'identifier à eux : la personne ne se réalise que dans
la mesure où, à son tour, elle se fait don pour les autres. Tout ceci est
mystérieusement signifié dans l'Eucharistie par le signe du pain et du vin, mémorial
de la Pâque du Seigneur : le croyant qui se nourrit de ce Corps donné et
de ce Sang versé reçoit la force de se transformer, à son tour, en don. Comme
le dit saint Augustin : « Soyez ce que vous recevez et recevez ce que
vous êtes » (Sermon, 272, 1, pour la fête de la Pentecôte). Dans la
rencontre avec l'Eucharistie, certains découvrent qu'ils sont appelés à
devenir des ministres de l'Autel, d'autres à contempler la beauté et la
profondeur de ce mystère, d'autres à faire rejaillir cet élan d'amour sur
les pauvres et les faibles, et d'autres encore à en recueillir la puissance
transformante dans les réalités et les gestes de la vie quotidienne. Tout
croyant trouve dans l'Eucharistie, non seulement la clé d'interprétation de
son existence, mais le courage de la réaliser, c'est-à-dire de construire,
dans la diversité des charismes et des vocations, l'unique Corps du Christ dans
l'histoire. Dans le récit des disciples d'Emmaüs (Lc 24, 13-35), saint Luc
fait entrevoir ce qui se passe dans la vie de celui qui vit de l'Eucharistie.
Quand, « à la fraction du pain » effectuée par cet « Inconnu »,
les yeux des disciples s'ouvrent, ils se rendent compte que leur cœur était
tout brûlant au-dedans d'eux-mêmes tandis qu'ils l'écoutaient expliquer les
Écritures. Dans ce cœur brûlant d'amour, nous pouvons voir l'histoire et la découverte
de toute vocation, qui n'est pas une émotion passagère mais une perception
toujours plus certaine et plus forte que l'Eucharistie et la Pâque du Fils
seront toujours davantage l'Eucharistie et la Pâque de ses disciples. 3.
« Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, que la
parole de Dieu demeure en vous et que vous avez vaincu le Mauvais » (1 Jn
2, 14). Le
mystère de l'amour de Dieu, « resté caché depuis les siècles et les générations »
(Col 1, 26), nous est maintenant manifesté dans « le langage de la Croix »
(1 Co 1, 18) qui, demeurant en vous, très chers jeunes gens, sera votre force
et votre lumière, et vous révélera le mystère de l'appel personnel. Je
connais vos doutes et vos difficultés, je vous vois parfois troublés, je
comprends la crainte qui vous assaille face à l'avenir. Mais je garde aussi, présente
à l'esprit et au cœur, l'image festive de mes nombreuses rencontres avec vous
au cours de mes voyages apostoliques, durant lesquels j'ai pu constater que
chacun de vous est habité par la recherche sincère de la vérité et de
l'amour. Le Seigneur Jésus a planté sa tente parmi nous et, de sa demeure
eucharistique, il redit à tout homme et à toute femme : « Venez à
moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai »
(Mt 11, 28). Chers jeunes, allez à la rencontre de Jésus Sauveur !
Aimez-le et adorez-le dans l'Eucharistie. Il est présent dans la Sainte Messe
qui rend sacramentellement présent le sacrifice de la Croix. Il vient à nous
dans la sainte communion et demeure dans les tabernacles de nos églises, parce
qu'il est notre ami, l'ami de tous, particulièrement votre ami, vous les jeunes
qui avez tant besoin de confiance et d'amour. En lui, vous pouvez trouver le
courage d'être ses apôtres en ce moment historique du passage à l'An 2000 :
il sera comme vous voudrez bien le construire, vous les jeunes. Après tant de
violence et d'oppression, le monde a besoin de jeunes capables de « jeter
des ponts » pour unir et réconcilier ; après la culture de l'homme
sans vocation, il y a un besoin urgent d'hommes et de femmes qui aient foi en la
vie et l'accueillent comme un appel qui vient d'En-Haut, de ce Dieu qui appelle
parce qu'il aime. Après le climat de suspicion et de méfiance qui corrompt les
rapports humains, seuls des jeunes courageux, dont l'esprit et le cœur sont
ouverts aux idéaux élevés et généreux, pourront redonner beauté et vérité
à la vie et aux rapports humains. Alors, ce temps jubilaire sera vraiment pour
tous une « année de grâce du Seigneur », un Jubilé vocationnel. 4.
« Je vous écris, les plus anciens, parce que vous connaissez celui qui
est dès le commencement » (1 Jn 2, 13). Toute
vocation est un don du Père et, comme tous les dons qui viennent de Dieu, elle
passe par de nombreuses médiations humaines : celle des parents ou des éducateurs,
des pasteurs de l'Église, de ceux qui sont directement engagés dans un ministère
d'animation vocationnelle, ou celle du simple croyant. Par ce message, je
voudrais m'adresser à toutes les catégories de personnes auxquelles sont liés
la découverte et le soutien de l'appel de Dieu. Je suis conscient que la
pastorale des vocations n'est pas un ministère facile, mais comment ne pas
vous rappeler que rien n'est plus exaltant qu'un témoignage passionné de sa
propre vocation ? Celui qui vit ce don avec joie et le nourrit chaque jour
par la rencontre avec l'Eucharistie saura répandre dans le cœur de nombreux
jeunes la bonne semence de l'adhésion fidèle à l'appel divin. C'est par sa
présence eucharistique que Jésus nous rejoint, nous introduit dans le
dynamisme de la communion ecclésiale et fait de nous des signes prophétiques
devant le monde. Je
voudrais ici adresser une pensée affectueuse et reconnaissante à tous ces
animateurs de vocations, prêtres, religieux, religieuses et laïcs qui se dévouent
avec enthousiasme à ce laborieux ministère. Ne vous laissez pas décourager
par les difficultés, ayez confiance ! La semence de l'appel divin, quand
elle est jetée avec générosité, donnera des fruits abondants. Face à la
grave crise des vocations au ministère ordonné et à la vie consacrée, qui
affecte certaines régions du monde, il faut, surtout en ce Jubilé de l'An
2000, faire en sorte que chaque prêtre, chaque personne consacrée redécouvre
la beauté de sa vocation et en témoigne aux autres. Que chaque croyant
devienne éducateur de vocations, sans avoir peur de proposer des choix
radicaux ; que chaque communauté comprenne que l'Eucharistie est son
centre et qu'elle a besoin de ministres du Sacrifice eucharistique ; que
tout le Peuple de Dieu élève vers le Maître de la moisson une prière
toujours plus intense et fervente, pour qu'il envoie des ouvriers à sa moisson.
Et que chaque fidèle confie cette prière à l'intercession de celle qui est la
Mère du Prêtre éternel : 5.
Vierge Marie, humble fille du Très-Haut, Sainte
Marie, Mère de tout appelé, Jeune
fille de Sion, Étoile du matin Du Vatican, le 30 septembre 1999 Messages d'autres années: 1998 – « l'Esprit et l'Épouse disent : Viens ! (Ap 22,17) » 1999 – Le Père appelle à la Vie Éternelle 2000 – L'Eucharistie, source de tout ministère 2002 – La vocation à la sainteté |
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