|
|
|
2001
– La vie comme vocation
Messages d'autres années: 1998 – « l'Esprit et l'Épouse disent : Viens ! (Ap 22,17) » 1999 – Le Père appelle à la Vie Éternelle 2000 – L'Eucharistie, source de tout ministère 2002 – La vocation à la sainteté 2004 – Prions pour les vocations 2005 – Appelés à avancer au large Vénérés
frères dans l'épiscopat, chers frères et sœurs, 1.
La prochaine « Journée Mondiale de Prière pour les Vocations » qui
aura lieu le 6 mai 2001, à peine quelques mois après la clôture du grand
Jubilé, aura comme thème « La vie comme vocation ». Je voudrais
m'arrêter pour réfléchir avec vous, grâce à ce Message, sur un sujet de
grande importance pour la vie chrétienne. Le
mot « vocation » qualifie fort bien les relations de Dieu avec chaque
être humain dans la liberté de l'amour, parce que « chaque vie est
vocation» (Paul VI, Lettre Encycl. Populorum progressio, 15). Dieu, au terme de
la création, contempla l'homme et vit que « cela était très bon ! »
(cf. Gn 1,31) : il l'a créé « à son image et à sa ressemblance »,
il a confié l'univers à ses mains laborieuses et l'a appelé à une intime
relation d'amour. Le mot « vocation » introduit à la compréhension
des dynamismes de la révélation divine et dévoile ainsi à l'homme la vérité
sur son existence. « L'aspect le plus sublime de la dignité humaine –
comme nous le lisons dans le document conciliaire Gaudium et spes – se
trouve dans cette vocation de l'homme à communier avec Dieu. Cette invitation
que Dieu adresse à l'homme de dialoguer avec lui commence avec l'existence humaine.
Car, si l'homme existe, c'est que Dieu l'a créé par amour et, par amour, ne
cesse de lui donner l'être ; et l'homme ne vit pleinement selon la vérité
à son Créateur (n. 19). C'est sur ce dialogue d'amour avec Dieu que se fonde
pour chacun la possibilité de croître selon son profil et ses caractéristiques
propres. Ceux-ci, reçus comme dons, sont capables de « donner un sens »
à l'histoire et aux relations fondamentales de son existence quotidienne,
tandis qu'il s'achemine vers la plénitude de la vie. 2.
Le fait de considérer la vie comme vocation favorise la liberté intérieure
en stimulant dans l'être humain le désir du futur, en même temps que le refus
d'une conception de l'existence passive, ennuyeuse et banale. La vie assume
ainsi la valeur du « don reçu qui tend par nature à devenir bien donné »
(Doc. De nouvelles vocations pour une nouvelle Europe, 1998, 16, b.) L'homme
montre qu'il est rené de l'Esprit (cf. Jn 3, 3.5) quand il apprend à suivre
la voie du commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres
comme je vous ai aimés » (Jn 15, 12). On peut affirmer que, dans un
certain sens, l'amour est l'ADN des fils de Dieu ; c'est « la sainte
vocation » qui nous a appelés « conformément à son propre dessein
et à sa grâce. À nous donnée avant tous les siècles dans le Christ Jésus,
cette grâce a été maintenant manifestée par l'apparition de notre Sauveur,
le Christ Jésus » (2 Tm 1, 9-10). À l'origine de chaque cheminement de
vocation, il y a l'Emmanuel, le Dieu avec nous. Lui nous révèle que nous ne
sommes pas seuls à construire notre vie, parce que Dieu chemine avec nous au
milieu d'événements successifs, et, si nous le voulons, construit avec chacun
une merveilleuse histoire d'amour, unique et sans pareille et, en même temps,
en harmonie avec l'humanité et le cosmos. Découvrir la présence de Dieu dans
son histoire, ne plus se sentir orphelin, mais savoir qu'il existe un Père en
qui nous pouvons avoir une entière confiance : voilà le grand virage
qui transforme l'horizon humain et montre que l'homme, comme l'affirme Gaudium
et spes, « ne peut pleinement se trouver que par le don sincère de lui-même »
(n. 24). Dans ces paroles du Concile Vatican II est contenu le secret de
l'existence chrétienne et de toute réalisation humaine authentique. 3.
Cependant, aujourd'hui, cette lecture chrétienne de l'existence doit tenir
compte de certains traits caractéristiques de la culture occidentale où Dieu a
été écarté de la vie quotidienne. Voilà pourquoi un engagement unanime de
toute la communauté chrétienne est nécessaire pour « réévangéliser
la vie ». Cet engagement pastoral fondamental a besoin du témoignage
d'hommes et de femmes qui montrent la fécondité d'une existence trouvant sa
source en Dieu, sa force dans la docilité à l'action de l'Esprit, la garantie
du sens authentique de la fatigue quotidienne dans la communion avec le Christ
et avec l'Église. Il est nécessaire que chacun découvre sa vocation
personnelle dans la communauté chrétienne et y réponde avec générosité.
Chaque vie est vocation et chaque croyant est invité à coopérer à l'édification
de l'Église. Le but de la « Journée mondiale de Prière pour les
Vocations » est d'attirer l'attention sur la nécessité et l'urgence de
ministres ordonnés et de personnes disposées à suivre le Christ sur la voie
exigeante de la vie consacrée dans la pratique des conseils évangéliques. On
a besoin de ministres ordonnés qui sont « une garantie permanente de la
présence sacramentelle, dans la diversité des temps et des lieux, du Christ Rédempteur »
(Christifideles laid, 55) et qui, en annonçant la Parole et en célébrant
l'Eucharistie et les autres sacrements, guident les Communautés chrétiennes
sur les chemins de la vie éternelle. On a besoin d'hommes et de femmes qui, grâce
à leur témoignage, maintiennent « vive chez les baptisés la conscience
des valeurs fondamentales de l'Évangile » et rendent « présente
dans la conscience du Peuple de Dieu l'exigence de répondre par la sainteté de
la vie à l'amour de Dieu répandu dans les cœurs par l'Esprit Saint, en reflétant
dans le comportement la consécration sacramentelle que Dieu opère par le baptême,
par la confirmation ou par l'Ordre » (Vita consecrata, 33). Puisse
l'Esprit Saint susciter de nombreuses vocations de consécration particulière,
afin de favoriser au milieu du peuple chrétien une adhésion toujours plus généreuse
à l'Évangile et rendre plus facile pour tous la compréhension du sens de
l'existence qui sera transparence de la beauté et de la sainteté de Dieu. 4.
Ma pensée se tourne maintenant vers tant de jeunes qui ont soif de valeurs et
qui sont souvent incapables de trouver la voie qui les y conduit. Oui, le Christ
seul est la Voie, la Vérité et la Vie. C'est pourquoi il est nécessaire de
leur faire rencontrer le Seigneur et de les aider à établir une relation
profonde avec lui. Jésus doit entrer dans leur monde, assumer leur histoire et
ouvrir leur cœur, afin qu'ils apprennent à le connaître toujours plus, au fur
et à mesure qu'ils suivent les traces de son amour. Je
pense, à cet effet, au rôle important des Pasteurs du Peuple de Dieu. Je leur
rappelle les paroles du Concile Vatican II : « II s'agit d'abord,
pour les prêtres, d'avoir à cœur de faire comprendre aux chrétiens combien
le sacerdoce est important et nécessaire ; ils y arriveront à la fois par
leur prédication et par leur propre vie, qui doit être un témoignage
rayonnant d'esprit de service et de vraie joie pascale... Une direction
spirituelle attentive et réfléchie leur sera très utile... Mais cette voix du
Seigneur qui appelle, il ne faut pas s'attendre à ce qu'elle arrive aux
oreilles du futur prêtre d'une manière extraordinaire. Il s'agit bien plutôt
de la découvrir, de la discerner à travers les signes qui, chaque jour, font
connaître la volonté de Dieu aux chrétiens qui savent écouter ; c'est
à ces signes que les prêtres doivent donner toute leur attention » (Presbyterorum
ordinis, 11) Je
pense, ensuite, aux consacré(e)s, appelé(e)s à témoigner que notre seule espérance
est dans le Christ ; lui seul nous donne l'énergie pour vivre ses mêmes
choix de vie ; seulement avec lui il est possible d'aller à la rencontre
des besoins profonds de salut de l'humanité. Puissent la présence et le
service des personnes consacrées ouvrir le cœur et l'esprit des jeunes à des
horizons d'espérance remplis de Dieu et les éduquer à l'humilité et à la
gratuité d'aimer et de servir. Que la signification ecclésiale et culturelle
de leur vie consacrée se traduise toujours mieux par des propositions
pastorales spécifiques, par des actes qui éduquent et forment les jeunes à l'écoute
de l'appel du Seigneur et à la liberté de l'esprit, pour y répondre avec générosité
et enthousiasme. 5.
Maintenant je m'adresse à vous, chers parents chrétiens, pour vous exhorter à
être proches de vos enfants. Ne les laissez pas seuls devant les grands choix
de l'adolescence et de la jeunesse. Aidez-les à ne pas se laisser accabler par
la recherche effrénée du bien-être et guidez-les vers la joie authentique,
celle de l'Esprit. Faites résonner dans leur cœur, parfois saisi par la peur
de l'avenir, la joie libératrice de la foi. Éduquez-les, comme l'écrivait mon
vénéré prédécesseur, le Serviteur de Dieu Paul VI, « à goûter
simplement les multiples joies humaines que le Créateur met déjà sur leur chemin :
joie exaltante de l'existence et de la vie ; joie de l'amour chaste et
sanctifié ; joie pacifiante de la nature et du silence ; joie parfois
austère du travail soigné ; joie et satisfaction du devoir accompli ;
joie transparente de la pureté, du service, du partage ; joie exigeante du
sacrifice » (Gaudete in Domino, I) Que l'action des catéchistes et des
enseignants chrétiens, appelés de manière particulière à promouvoir le sens
de la vocation chez les jeunes, soutienne l'action de la famille. Leur devoir
consiste à guider les nouvelles générations vers la découverte du projet de
Dieu sur eux, cultivant en eux la disponibilité à faire de leur propre vie,
lorsque Dieu appelle, un don pour la mission. Ceci se réalisera à travers des
choix progressifs qui préparent au « oui » final, en vertu duquel
l'existence entière est mise au service de l'Évangile. Chers
catéchistes et enseignants, afin d'atteindre ce but, vous devez aider les
jeunes qui vous sont confiés à regarder en haut, à sortir de la tentation
constante du compromis. Éduquez-les à la confiance en ce Dieu qui est Père
et qui montre l'extraordinaire grandeur de son amour en confiant à chacun une tâche
personnelle au service de la grande mission de « renouveler la face de la
terre ». 6.
Nous lisons dans le livre des Actes des Apôtres que les premiers chrétiens
« se montraient assidus à l'enseignement des Apôtres, fidèles à la
communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (2, 42).
Chaque rencontre avec la Parole de Dieu est un moment propice à une
invitation à la vocation. La fréquentation des Saintes Écritures aide à
comprendre le style et les gestes par lesquels Dieu choisit, appelle, éduque
et rend participant à son amour. La célébration de l'Eucharistie et la prière
font mieux comprendre les paroles de Jésus : « La moisson est
abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la
moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson » (Mt 9, 37-38 ; cf. Lc
10, 2). En priant pour les vocations on apprend à regarder, avec la sagesse de
l'Évangile, le monde et le besoin de vie et de salut de tout être humain ;
de plus, on vit la charité et la compassion du Christ pour l'humanité et on
obtient la grâce de pouvoir dire, à l'exemple de la Vierge : « Je
suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole » (Lc
1,38). Je
vous invite tous à implorer avec moi le Seigneur afin qu'il ne manque pas
d'ouvriers à sa moisson : Père saint, source intarissable de l'existence et de l'amour, Seigneur Jésus, Esprit Saint, toi qui sanctifies l'Église Vierge très Sainte, Du Vatican, le 14 septembre
2000 Messages d'autres années: 1998 – « l'Esprit et l'Épouse disent : Viens ! (Ap 22,17) » 1999 – Le Père appelle à la Vie Éternelle 2000 – L'Eucharistie, source de tout ministère 2002 – La vocation à la sainteté |
|
Le référenceur des meilleurs sites catholiques francophonesMis à jour le: 14-09-07
© Abbaye cistercienne Ste Marie de Boulaur. © Photographies: Editions Gaud ; Casa Generalizia O.Cist. ; Abbaye de Boulaur L'usage
des liens hypertextes peut vous conduire vers d'autres sites, |