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2002
– La vocation à la sainteté
Messages d'autres années: 1998 – « l'Esprit et l'Épouse disent : Viens ! (Ap 22,17) » 1999 – Le Père appelle à la Vie Éternelle 2000 – L'Eucharistie, source de tout ministère 2002 – La vocation à la sainteté 2004 – Prions pour les vocations 2005 – Appelés à avancer au large Vénérés frères dans l'épiscopat,
chers frères et sœurs, 1. « À vous tous
« les bien-aimés de Dieu et aux saints par vocation, à vous grâce et
paix de par Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ » (Rm 1,7). Ces paroles de l'apôtre
Paul aux chrétiens de Rome nous introduisent au thème de la prochaine Journée
mondiale de prière pour les vocations : « La vocation à la sainteté ».
La sainteté ! Voici la grâce et le but de chaque chrétien, selon les
paroles du Lévitique : « Soyez saints, car moi, Yahvé votre Dieu,
je suis saint » (19, 2). Dans la Lettre apostolique Novo millennio ineunte,
j'ai invité à placer « la programmation pastorale sous le signe de la
sainteté », pour « exprimer la conviction que, si le Baptême fait
vraiment entrer dans la sainteté de Dieu au moyen de l'insertion dans le Christ
et de l'inhabitation de son Esprit, ce serait un contresens que de se contenter
d'une vie médiocre, vécue sous le signe d'une éthique minimaliste et d'une
religiosité superficielle... Il est temps de proposer de nouveau à tous, avec
conviction, ce haut degré « de la vie chrétienne ordinaire :
toute la vie de la communauté ecclésiale et des familles chrétiennes doit
mener dans cette direction » (n. 31). Le premier devoir de l'Église est
d'accompagner les chrétiens sur les voies de la sainteté, afin que, illuminés
de l'intelligence de la foi, ils apprennent à connaître et à contempler le
visage du Christ et à redécouvrir en lui leur identité authentique et la
mission que le Seigneur confie à chacun. De cette façon, « la
construction que vous êtes a pour fondations les Apôtres et prophètes et pour
pierre d'angle le Christ Jésus lui-même. En lui toute construction s'ajuste et
grandit en un temple saint, dans le Seigneur » (Ep 2, 20-21). L'Église
recueille toutes les vocations que Dieu suscite parmi ses fils et se présente
elle-même comme le reflet lumineux du mystère de la Sainte Trinité. Comme
« peuple rassemblé par l'unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit »,
elle porte en elle le mystère du Père qui nous appelle tous à sanctifier son
nom et à accomplir sa volonté ; elle garde le mystère du Fils qui, envoyé
par le Père pour annoncer le Règne de Dieu, nous invite tous à sa suite ;
elle est dépositaire du mystère du Saint-Esprit qui consacre pour la mission
ceux que le Père a choisis par son Fils Jésus-Christ. C'est parce que la communauté
ecclésiale est le lieu où s'expriment toutes les vocations diverses suscitées
par le Seigneur, que, dans le contexte de la Journée Mondiale qui aura lieu le
21 avril 2002, IVe dimanche de Pâques, se déroulera le troisième Congrès
continental pour les vocations au ministère ordonné et à la vie consacrée
en Amérique du Nord. Je suis heureux d'adresser mes meilleurs souhaits aux promoteurs
et aux participants et d'exprimer mes félicitations pour cette initiative qui
affronte un des problèmes épineux de l'Église d'Amérique et de la nouvelle
évangélisation du Continent. Je vous invite tous à prier afin que cette
rencontre importante puisse susciter un engagement renouvelé au service des
vocations et un enthousiasme plus généreux parmi les chrétiens du « Nouveau
Monde ». 2. L'Église est
« la maison de la sainteté », et la charité du Christ, répandue
par l'Esprit Saint, en constitue l'âme. En elle, tous les chrétiens
s'entraident pour que chacun puisse découvrir et réaliser sa propre vocation
dans l'écoute de la Parole de Dieu, dans la prière, la participation assidue
aux sacrements et la recherche constante du visage du Christ dans chaque frère.
De cette manière « chacun doit résolument avancer, selon ses propres
dons et ressources, par la voie d'une foi vivante qui stimule l'espérance et
agit par la charité » (cf. Lumen gentium, 41), tandis que l'Église
« révèle et revit l'infinie richesse du mystère du Christ » (Christi
fideles laici, 55) et fait en sorte que la sainteté de Dieu entre dans chaque
état de vie et dans chaque situation, afin que tous les chrétiens deviennent
des ouvriers de la vigne du Seigneur et édifient le Corps du Christ. Si chaque
vocation dans l'Église est au service de la sainteté, certaines cependant,
comme la vocation au ministère ordonné et à la vie consacrée, le sont d'une
manière tout à fait particulière. C'est à ces vocations que j'invite chacun
à prêter aujourd'hui une attention spéciale, en intensifiant la prière
pour elles. La vocation au ministère ordonné « est essentiellement un
appel à la sainteté dans la forme qui découle du sacrement de l'Ordre. La
sainteté est intimité avec Dieu, elle est imitation du Christ pauvre, chaste
et humble ; elle est amour sans réserve envers les âmes, et don de soi-même
pour leur véritable bien ; elle est amour pour l'Église qui est sainte et
nous veut saints, car telle est la mission que le Christ lui a confiée »
(Pastores dabo vobis, 33). Jésus appelle les Apôtres « pour être avec
lui » (Mc 3, 14) dans une intimité privilégiée (cf. Lc 8, 1-2 ;
22, 28). Non seulement il les fait participer aux mystères du Royaume des Cieux
(cf. Mt 13, 16-18), mais attend d'eux une fidélité plus grande, conforme au
ministère apostolique auquel il les appelle. Il exige d'eux une pauvreté plus
rigoureuse (cf. Mt 19, 22-23), et l'humilité du serviteur qui se fait le
dernier de tous (cf. Mt 20, 25-27). Il leur demande la foi dans les pouvoirs reçus
(cf. Mt 17, 19-21), la prière et le jeûne comme instruments efficaces
d'apostolat (cf. Me 9, 29) et le désintéressement : « Vous avez reçu
gratuitement, donnez gratuitement» (cf. Mt 10, 8). Il attend d'eux la prudence
alliée à la simplicité et à la droiture morale (cf. Mt 10, 26-28) et
l'abandon à la Providence (cf. Lc 9, 1-3 ; 19, 22-23). En tant
qu'administrateurs des sacrements institués par le Maître et ouvriers de sa
vigne, ils doivent être conscients des responsabilités assumées (cf. Lc 12,
41-48). La vie consacrée révèle la nature intime de chaque vocation chrétienne
à la sainteté et la tension de toute l'Église-Épouse vers le Christ « son
unique Époux ». « La profession des conseils évangéliques est
intimement liée au mystère du Christ, car elle a pour mission de rendre présente
en quelque sorte la forme de vie que le Christ a choisie, en montrant qu'elle
est une valeur absolue et eschatologique » (Vita consecrata, 29). Les
vocations à ces états de vie sont des dons précieux et nécessaires, qui
attestent comment, aujourd'hui encore, la suite du Christ chaste, pauvre et obéissant,
le témoignage de la primauté absolue de Dieu et le service de l'humanité, à
l'exemple du Rédempteur, représentent des voies privilégiées vers une plénitude
de vie spirituelle. Le manque de candidats au sacerdoce et à la vie consacrée,
enregistré dans certains contextes actuels, loin de nous conduire à exiger
moins et à nous contenter d'une formation et d'une spiritualité médiocres,
doit plutôt nous pousser à une plus grande attention à la sélection et à la
formation de ceux qui, lorsqu'ils seront constitués ministres et témoins du
Christ, seront appelés à confirmer, par la sainteté de leur vie, ce qu'ils
annonceront et célébreront. 3. Il est nécessaire
de mettre en œuvre tous les moyens afin que les vocations au sacerdoce et à la
vie consacrée, essentielles pour la vie et la sainteté du Peuple de Dieu,
soient continuellement au centre de la spiritualité, de l'action pastorale et
de la prière des fidèles. Que les évêques et les
prêtres soient les premiers à être témoins de la sainteté du ministère reçu
comme un don. Que par la vie et l'enseignement ils montrent la joie de suivre Jésus,
Bon Pasteur, et l'efficacité rénovatrice du mystère de sa Pâque rédemptrice.
Que par leur exemple, ils rendent visible, en particulier aux jeunes générations,
l'aventure enthousiasmante réservée a celui qui, à la suite du Divin Maître,
choisit d'appartenir entièrement à Dieu et s'offre lui-même afin que chaque
homme puisse avoir la vie en abondance (cf. Jn 10, 10). Que les personnes consacrées,
hommes et femmes, placées « au cœur même de l'Église comme un élément
décisif pour sa mission » (Vita consecrata, 3), montrent que leur
existence est solidement enracinée dans le Christ, que la vie religieuse est
« la maison et l'école de la communion » (Novo millennio ineunte,
43), et que dans leur service humble et fidèle de l'homme, palpite cette
« imagination de la charité » (ibid., 50) maintenue toujours
vivante dans l'Église par l'Esprit Saint. Qu'ils n'oublient pas que dans
l'amour de la contemplation, dans la joie de servir les frères, dans la chasteté
vécue pour le Royaume des Cieux, dans le dévouement généreux à son propre
ministère, réside la force de toute proposition vocationnelle ! Les
familles sont appelées à jouer un rôle décisif pour l'avenir des vocations
dans l'Église. La sainteté de l'amour sponsal, l'harmonie de la vie familiale,
l'esprit de foi avec lequel sont affrontés les problèmes quotidiens de la
vie, l'ouverture aux autres, surtout aux plus pauvres, la participation à la
vie de la communauté chrétienne, constituent l'ambiance adéquate pour l'écoute
de l'appel divin et pour une réponse généreuse de la part des fils. 4. « Priez donc
le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson » (Mt 9,
38 ; Luc 10, 2). En obéissance au
commandement du Christ, chaque Journée Mondiale se caractérise comme un
moment de prière intense, qui engage la communauté chrétienne tout entière
dans une invocation incessante et fervente à Dieu pour les vocations. Combien
il est important que les communautés chrétiennes deviennent d'authentiques
écoles de prière (cf. Novo millennio ineunte, 33), capables d'éduquer au
dialogue avec Dieu et de former les fidèles à s'ouvrir toujours plus à
l'amour de celui par lequel le Père « a tant aimé le monde qu'il a donné
son Fils unique » (Jn 3, 16) ! La prière cultivée et vécue aidera
à se laisser guider par l'Esprit du Christ pour collaborer à l'édification de
l'Église dans la charité. Dans un tel contexte, le disciple grandit avec le désir
ardent que tout homme puisse rencontrer le Christ et atteindre la vraie liberté
des enfants de Dieu. Un tel désir conduira le croyant, à l'exemple de Marie,
à se rendre disponible à prononcer le « oui » total et généreux
au Seigneur qui l'appelle à être ministre de la Parole, des Sacrements et de
la Charité, ou à être un signe vivant de la vie chaste, pauvre et obéissante
du Christ parmi les hommes de notre temps. Que le Maître de la moisson ne
laisse pas manquer son Église de nombreuses et saintes vocations sacerdotales
et religieuses ! Père Saint, regarde notre humanité que voici ; elle
fait ses premiers pas sur la route du troisième millénaire. Sa vie est encore
fortement marquée par la haine, la violence, l'oppression, mais la faim de justice,
de vérité et de grâce trouve encore de l'espace dans le cœur de tant de
personnes qui attendent celui qui portera le salut, réalisé par toi grâce à
ton Fils Jésus. Le monde a besoin de hérauts courageux de l'Évangile, de
serviteurs généreux de l'humanité souffrante. Envoie à ton Église, nous
t'en prions, de saints prêtres pour qu'ils sanctifient ton peuple avec les
instruments de ta grâce. Envoie de nombreuses âmes consacrées, pour qu'elles
manifestent ta sainteté au milieu du monde. Envoie dans ta vigne de saints
ouvriers, pour qu'ils travaillent avec l'ardeur de la charité et que, poussés
par ton Esprit Saint, ils portent le salut du Christ jusqu'aux extrémités de
la terre. Amen. De Castel Gandolfo, le 8
septembre 2001 Messages d'autres années: 1998 – « l'Esprit et l'Épouse disent : Viens ! (Ap 22,17) » 1999 – Le Père appelle à la Vie Éternelle 2000 – L'Eucharistie, source de tout ministère 2002 – La vocation à la sainteté |
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