Aller au contenu

ABBAYE CISTERCIENNE SAINTE MARIE DE BOULAUR

Chantier participatif

Si, comme le rapporte le Livre de l’Exode, la fabrication des briques fut une corvée pour les esclaves Hébreux jadis en Egypte, tel ne fut heureusement pas le cas pour les quelque 400 participants au chantier participatif, à l’Abbaye, cet été !

Pourtant, tout y était : argile collante, brouettes pesantes, chaleur écrasante dès le petit matin, paille à hacher menu, etc. Mais tout était différent. Nombreux sont ceux, voisins ou amis, visiteurs de passage ou guides aînées en camp d’été, qui ont répondu à l’appel pour venir nous aider à produire des briques de terre crue dont nous avions besoin pour le chantier de la Grange.

Or, les briques, c’est comme la montagne, ça vous gagne… Découverte étonnante que comprendront tous ceux qui, petits ou grands, aiment mettre la main dans la boue pour en tirer une forme utile ou artistique. Modeler, maîtriser le processus qui transforme la terre informe en élément de construction, est une activité qui nourrit la joie à la racine. Et bâtir ensemble est bien une expérience de communion profonde qui a fait de ces rencontres quotidiennes des temps d’une richesse difficile à décrire. Sans oublier la surprise de la composition de chaque équipe, rassemblant jeunes et moins jeunes, de tout type de formation et de compétence, pour découvrir ensemble un métier inconnu de la grande majorité des participants. Et au passage, vivre une nouvelle occasion de rencontrer la communauté et de découvrir son projet actuel.

Bien sûr, la bonne volonté et l’enthousiasme ne suffisent pas et la qualité devait aussi être au rendez-vous pour fabriquer les quelque 8000 briques estimées nécessaires aux deux premières tranches du chantier. Gérard Vivès, voisin de l’Isle-Arné, artisan spécialisé dans l’utilisation des matériaux et techniques naturelles, a été notre formateur. Gérard nous a loué deux presses, l’une semi-automatique, « la jaune » pour ceux qui l’ont connue et l’autre manuelle, « la bleue » ; et il est venu assurer notre formation technique pour nous aider à maîtriser les différents paramètres et ainsi garantir un résultat stable. L’aide de Camille, stagiaire en école d’ingénieurs, en juillet, de Théo, jeune gersois, en août, et de bien d’autres jeunes de passage au monastère a permis de s’appuyer sur des pilotes d’équipes dynamiques et compétents. Les mélanges terre-sable-chaux, terre-sable-paille, l’analyse visuelle et tactile de la qualité de la terre et des briques, le réglage de la machine n’ont (presque) plus de secret pour nous ! La grande satisfaction de ce type de métier est de pouvoir constater nos progrès : c’est en faisant des briques que l’on devient briquetier. De plus, la brique a l’avantage de permettre l’erreur ; si elle est ratée, trop légère, trop large, fissurée, abimée, on la recommence simplement en la réintégrant au tas de terre. Rien de perdu !

Après 2 mois et demi de travail, et alors que les chantiers se poursuivent, ce sont déjà plus de 6000 BTC et 700 adobes qui sont stockées et attendent sagement le moment de leur utilisation. Merci à tous les participants. Certaines œuvres soigneusement signées garderont leur trace pour l’éternité… D’autres auront laissé la marque de leur discrétion ! Quoi qu’il en soit, nous aurons toujours présent à l’esprit qu’elle est une œuvre collective, la vôtre autant que la nôtre.